Quand l'ostréiculture s'éveillera*...
Ils sont venus, ils sont tous la, lorsqu'ils ont entendu le cri du Président Druart pour manifester devant l'usine Smurfit de Biganos...
Curieuse rencontre que celle de cet aprés midi, car je garde en souvenir "la fermeture des huitres" de 1986 ou personne n'avait réussi à mobiliser pour alarmer sur la situation. La profession était restée seule avec le soutien individuel d'amis d'ostréiculteurs ou d'élus et chacun se demandait ou était passé tous les peoples qui se gargarisaient du charme et de la douceur de vivre du bassin. Une affiche avait été crée à l'initiative de la mairie de La Teste, on ne la vit que trop peu et un budget municipal fut débloqué pour des aides alimentaires d'urgence ou pour le paiement des factures du quotidien.
Cette crise passée, le probléme et les difficultés ont demeuré sur les épaules des professionnels.
Mais aujourd'hui 400 personnes étaient présentes. De l'ostréiculteur en colére, au citoyen consommateur en bonne santé en passant par les associations écologistes. Il y avait même des poissonniers présents, dont certains ne manquent pas actuellement de garnir leurs étals d'huitres d'autres régions. Il n'y a pas parfois, la même solidarité à 6h du matin qu'à 14h...
Mais le gout de cette manifestation était différent. Comme une envie d'en découdre, de savoir et de trouver une solution. Les banderoles revendicatives n'ont plus le même humour que la crise précédente. Comme si la droite au commande de toutes les structures communales ou intercommunales locales devait aujourd'hui apporter LA solution.
Symboliquement, les professionnels ont demandé la fermeture de l'usine de papier de Biganos afin de respecter "le principe de précaution". Les professionnels deviennent accusateurs, montrent du doigt et cherchent des responsables. Il y a deux ans, une accusation était portée sur la plaisance du bassin, trop importante, une certaine peinture de bateau polluante et surtout la naissance d'un complot pour tuer l'ostréiculture, étaient les thémes retenus.
Ce jour, on accuse une pollution industrielle et des rejets en plein bassin, mais avec quelle conséquence...
Sur le site internet de l'usine Smurfit de Biganos, les communicants assurent que même si la production de papier a augmenté, les rejets et les méthodes de fabrication ont entrainé des mises aux normes et que les derniers effluents sont de toutes façons dirigés vers les stations d'épuration gérées par le SIBA. Comme un dernier pied de nez, façon de dire que le traitement suit plusieurs étapes dont nous ne sommes pas les seuls responsables.
Mais au dela de cette demande symbolique, une autre bataille risque de s'engager, celle du pot de fer contre le pot de terre. Comment et à quel prix, les ostréiculteurs pourront aller combattre un leader mondial géré par des actionnaires dont le respect de l'environnement et le travail d'artisans de la mer est le cadet de leurs soucis. La municipalité de Biganos acceptera-t-elle simplement que l'on vienne discréditer son entreprise porteuse d'une jolie taxe professionnelle de 460 emplois et d'un joli parfum en haut de ses tours, sans parler du risque d'un chantage à l'emploi.
Une bataille d'experts va s'engager pour dire au travers de longs et couteux rapports qui est ou n'est pas responsable de cette polution. Chaque rapport sera contredit par d'autres experts tout aussi indépendants que les précédents puisque payés par un commanditaire différent.
Le Fantôme craint que nous soyons partis dans une trés longue et trés couteuse procédure avec de forts dégats collatéraux. Cette crise risque de séparer un peu plus le sud du nord bassin et que l'envie de quelques politiques de ne créer qu'une seule intercommunalité ne soit rapidement remis en cause.
Mais de l'avenir politique de quelques uns, le Fantôme se fout, ce dont il a envie c'est d'aller manger des huitres toute l'année et de regarder chaque matin en partant travailler un port de La Teste dédié à l'ostréiculture ou au travail de la mer.
Allez Sarko, reviens vite en vacances à La Teste, n'attends pas Septembre, facilite la réouverture des huitres des maintenant...
*Le titre du blog de ce jour est évidement un détournement de la phrase de Napoléon 1er, "Quand la Chine s'éveillera,le monde tremblera". Prolongée par le livre d'Alain Peyrefitte, revenant d'un trés marquant voyage en Chine, il commettra une analyse disant que lorsque ce pays aura atteint une culture ou une technologie suffisante, elle pourra imposer ses idées au reste du monde.
Et c'est tout le mal que souhaite le Fantôme aux ostréiculteurs...