Je me souviens...

Publié le par Le fantome de la cabane 53

Je me souviens, il y a quelques années, une profession existait, c'était celle de disquaire.

Il y en avait un à La Teste, il se trouvait dans la moribonde galerie du Centre Captal dont la rénovation prochaine est annoncée avec l'arrivée de la nouvelle poste.

Le disquaire était en général un garçon curieux, à l'affût de nouveautés, de nouveaux sons, de musiques originales, toujours prêt à déballer de la pochette en carton la galette de vinyle pour nous la faire découvrir. Nous écoutions le 33 tours sur une platine munie d'un diamant et l'ampli était relié à des enceintes derniers cris. Le son du disquaire était rarement restitué à l'égal le soir à la maison sur notre matériel. En ce temps, on ne se posait pas la question si l'on achetait le disque ou pas. Les quelques extraits entendus au magasin suffisaient pour déclencher l'achat et repartir avec l'album comme si nous avions acquis un nouveau graal.   

Aujourd'hui, "majors", compagnies financières, fonds de pension gèrent le marché lucratif de certains artistes en créant des magasins, chaînes de radio ou de télé à leur enseigne et promeuvent de préférence les gens de la maison. Aujourd'hui la musique se consomme à grande vitesse. Qui a été aimé ce matin, sera détesté ce soir. Internet est arrivé, sa bande passante de plus en plus grande permet d'obtenir un disque sorti le matin même en magasin en 30 minutes sans quitter son fauteuil, son foyer, sans en payer aucun droit à son auteur.  Libre ensuite de le copier, de l'offrir à ses proches ou de l'effacer. Le web remplace les maisons de disques en faisant découvrir pas des sites persos les dernières créations de quelques uns. Si par chance le nombre de connexions est satisfaisant sur le site, l'artiste aura peut être la chance de faire un disque et d'être distribué.

Aujourd'hui, acheter un disque est devenu une bizarrerie. D'abord, il nous faut gérer les priorités. L'essence pour la voiture, le budget alimentation pour la famille, un peu d'argent de coté en cas de coup dur dans le mois. Et après, le disque, la culture, s'il reste un peu d'argent.

Et il en reste de moins en moins...

Si j'ai cette nostalgie ce matin, c'est à l'occasion de la  sortie du nouvel album de Christophe.
Chanteur mythique, de retour après25 ans d'absence. Christophe a bercé mon enfance. Chanteur à la timidité exacerbée, aux douleurs à fleur de peau, Christophe a donné naissance à de nombreuses histoires d'amour avec sa chanson "Les mots bleus" qui résonne encore dans de bien nombreux bals ou karaokés chaque soir. Il a initié avec Jean-Michel Jarre, la musique électronique s'enfermant des jours et des nuits en studio pour créer les plus jolis riffs de guitare de la chanson francaise avec "Les paradis perdus". 

Christophe revient avec un album dont le titre seul est un message "Aimer ce que nous sommes". 13 morceaux mêlant l'électronique, le jazz, le flamenco, l'accordéon, la trompette et  remplis de clins d'oeil musicaux.
J'ai bien peur que nos médias ne lui laisse que peu de place dans leur programmation. Les chansons ne sont pas formatées pour les médias modernes, la plus courte dure 3 minutes 34 et la plus longue 8 minutes18, c'est trop long pour pouvoir caser de la pub. 

Peut être sur FIP, non, certainement sur FIP...

Alors faite comme le fantôme, installez vous tranquillement dans votre salon. Allumez un bon havane, savourez avec un bon verre de rouge et écoutez en pensant à la femme que vous aimez. Je suis sur qu'elle vous demandera qui chante et vous susurrera en retour à l'oreille, "Je lui dirais les mots bleus"...

Belle écoute...  
     
www.christophe-lesite.com

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